lundi 23 novembre 2009

Le revers de la joie du lundi

Je l'ai vu passer. Un coucou, un grand sourire, l'envie d'aller le voir. Juste pour lui parler, tranquillement, appuyée dans le cadre de sa porte de chambre, l'air de rien. Envie que Babine se termine et vite, pour me lever et tourner à droite à l'intersection des chemins qui mènent à nos appartements, tourner vers chez lui, comme ça, juste pour aller le voir.
Je suis arrivée devant la porte de son appartement, les mains serrées sur mes pièces de théâtre et mon polar gris.

Dix minutes.
Ou dix secondes, peut-être cinq minutes, ou juste une, je ne sais plus.
Trop longtemps.

Trop longtemps à fixer le numéro de la porte, la poignée, le coeur serré dans la poitrine, la gorge étouffée. Un début de crise d'angoisse à l'idée d'ouvrir la porte, que son colocataire me voit monter les escaliers sans le regarder, pour ne pas avoir à supporter son regard inquisiteur. Et s'il n'était pas là, et s'il n'était pas seul, et si je le dérangeais, et si et si et si. Les larmes qui perlent, la lèvre qui tremblote, le souffle qui se coupe. Et s'il était avec elle {je m'en fous que tu ne veuilles pas être en couple avec moi ; sois juste honnête, parce que moi, je suis incapable de te mentir}, et s'il était chez elle, et si je me ne faisais que des idées pour eux, et si j'arrêtais de me poser des questions et que j'entrais, et si c'était lui qui descendait l'escalier, et si et si et si.
Je me suis sauvée de devant chez lui comme une voleuse, mes livres serrés sur mon coeur battant la chamade.

Mercredi, je vais aller lui parler.
Je vais serrer tellement fort mon sou de chance {merci à ma Juliette} dans ma main qu'il va me demander ce que je fais, à tripoter un sou noir. Un sou de chance pour me soutenir.

« Je vais être capable de le regarder dans les yeux, je ne vais pas manquer de souffle au milieu de mes phrases, je ne parlerai pas de sujets qui risquent de dégénérer, je n'évoquerai rien qui touche notre passé commun, je n'aurai pas chaud au point d'avoir envie de pleurer, je ne pleurerai pas, je ne lui parlerai pas d'elle et, surtout, je ne l'embrasserai pas si l'on se retrouve près l'un de l'autre. »

Une chance que je peux m'accrocher à un sou noir.
Sinon, je crois que je tomberais rapidement dans un trou noir.




mana - equilibrium

1 commentaire:

Anonyme a dit…

je sais sincèrement pas quoi t'écrire.


juste que je t'ai lu et que je pense à toi.....



a.anne
xxx