jeudi 22 octobre 2009

Mettre le doigt sur le bobo

Je suis fière de moi.
Parce qu'aujourd'hui, j'ai réussi à nommer le mal qui m'atteint, ce mal sournois qui contrôle ma vie.

Je fais de l'angoisse à la performance.

Ça peut avoir l'air de rien, dit comme ça. Surtout de l'avouer. Mais mettre des mots sur ce que je vis et le dire, c'est quelque chose.

L'angoisse à la performance, c'est terrible. C'est n'avoir qu'un seul but, le cent. Un et deux zéro sur une feuille, un CT sur mon bulletin au primaire, A+, Optimal, Performance exceptionnelle. C'est s'habituer à avoir de bonnes notes pour ensuite paniquer au moindre point perdu. J'ai longtemps refusé d'ouvrir mes examens corrigés pour y voir mes erreurs, refusé de me confronter à mon imperfection. Et je commence à peine à le faire, je demande encore à ce qu'on brûle mes copies aux notes qui s'éloignent ne serait-ce qu'un peu du cent salvateur.
C'est se torturer, quand on remet un examen, pour avoir sa note le plus rapidement possible. C'est espérer, à chaque cours, de se faire remettre un travail dans lequel on a tout donné. C'est craindre de ne pas avoir été comprise, de ne pas avoir été assez claire, d'avoir fait trop ou pas assez d'interprétation, d'avoir tout raté et de finir sa vie dans une boîte en carton.

Une bonne note ? Cent.
90% en montant, avec une préférence pour tout ce qui est plus haut que 95 %.

Je n'aime pas les commentaires négatifs, j'ai peur de ce qui est constructif et je crains qu'on me reprenne sur mes travaux. Surtout dans les matières dans lesquelles je me sais douée {Français, par exemple}. Je veux être bonne dans tout, être la meilleure, la référence.
Cet été, j'ai lu une phrase qui, je trouve, me correspond :

" Perfection should not be our goal, but our standard. "

C'est mon problème.

C'est angoisser en classe, faire des crises de panique sur un travail que je juge imparfait, stresser à rien. J'ai déjà pleuré pour des notes que je ne jugeais pas convenables, je suis allée revendiquer des points et des explications à moults enseignants, je n'accepte rien qui soit sous mon idée de perfection. J'ai de la difficulté à faire des travaux d'équipe, car j'ai une idée précise de ce que je veux. Comme dirait mon génial professeur de Philosophie de deuxième session, je suis prise d'angoisses métaphysiques lorsque mes performances entrent en ligne de compte.

Et ça ne se limite pas qu'à la sphère géniale qu'est la scolarité.

Donc, je suis fière de pouvoir assumer que oui, je fais de l'angoisse à la performance et que j'essaie de me contrôler, de me soigner, de me calmer, d'accepter que je ne suis pas parfaite et que je ne peux pas toujours l'être. C'est dur, mais j'essaie et je crois que je progresse {un peu}.
Je sais qu'un jour, ça va aller.




what makes a man ? - city and color

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