jeudi 15 octobre 2009

Hell.com

Dans ma compulsion habituelle, j'ai acheté le dernier Patrick Senécal, à savoir Hell.com. En fait, non : j'ai fondu devant l'étalage, chez le libraire, et Mère Imparfaite a eu pitié de moi et me l'a acheté. Désireuse de faire durer le plaisir, je ne l'ai pas dévoré la soirée même de son achat.
Non, j'ai préféré l'engloutir ce soir, d'une traite, bien installée dans mon divan.

Daniel Saul est un homme d'affaires plus que prospère. En fait, depuis qu'il a repris la compagnie de son père, il est sans doute une des hommes les plus riches du Québec et prend toute la place qui lui revient... et même celle que les autres ne prennent pas. Beau, intelligent, requin de la finance, une amante sublime : en théorie, il a tout ce qu'il lui faut pour être heureux.
En théorie.
Le retour dans sa vie de Martin Charron, un ancien camarade du collège, chamboule toute cette vie. Celui-ci lui propose de s'inscrire sur un site Internet nommé Hell.com, un site où tout devient réalité et où le pouvoir prend tout son sens. Pourtant, en devenant membre d'Hell.com, Saul ne se rend pas compte tout de suite qu'il vient d'entamer sa descente aux enfers. Et cela ne le dérangerait pas tant si son fils unique, Simon, n'était pas mêlé à tout cela...

Tout est au rendez-vous pour que ce livre soit efficace. On y retrouve tout ce qui fait d'un Senécal un excellent livre : du sexe décadent et dérangeant, de la violence, une histoire tordue, un soupçon de religion, une atmosphère baignant entre réalité, fantasme, rêve et irréel, des personnages torturés et en quête d'eux-mêmes, des bourreaux que rien n'arrête, tout cela dans une écriture directe et familière.
Malheureusement, pour une fois, la recette de fonctionne pas.
J'ai eu l'impression d'une surenchère, de trop. Comme si j'avais eu envie d'autre chose que de cette orgie de sang et d'images violentes. Pourtant, ce n'est pas comme si l'écrivain n'avait jamais donné dans le trop ! Aliss est après tout un sommet dans ce qu'il y a de sexuel et de violent, dans un univers aussi impossible qu'attirant. Il faut croire qu'il faut parfois ne pas essayer d'aller trop haut... au risque de vivre une dure chute.
Oh, il est sûr qu'après Le Vide, l'auteur devait donner du solide à ses lecteurs. On en vient à regretter la lente progression du Vide qui, avec sa narration à trois protagonistes et ses histoires entremêlées, ajoutait un niveau de complexité et d'horreur supérieur à son récit. La barre était haute et il était dur d'écrire quelque chose qui respecte un style bien ancré, tout en ne tombant pas dans le cliché et le réchauffé. Hell.com verse malheureusement un peu dans le prémâché, faisant tomber le livre dans la catégorie des « bons » livres au lieu de celle des « excellents ».

Donc ?
Une bonne lecture qui fonctionne, mais qui laisse un goût amer en bouche.
Le goût de la déception.




she's a genius - jet

5 commentaires:

Maélie a dit…

Le Vide mérite-t-il que je prenne la peine de le finir? Je l'avais commencé en secondaire 5 mais, faute de temps, je n'ai jamais pu lire les trois cents dernières pages.

Fille Imparfaite a dit…

Oh que si :)
La fin vaut toute l'attente du livre.

Le Tapageur a dit…

Moi aussi j'ai été déçu par Hell.com. Je l'ai trouvé répétitif, le père qui a de la difficulté à communiquer avec son kid, il avait déjà fait pareil, avec des phrases similaires. Même chose pour le sexe. Même chose pour tout.

Fille Imparfaite a dit…

La sensation de réchauffé, quoi.

arrachecoeur a dit…

Fiouuuuuf moi qui hésitais à ne pas le lire.

Je ne le lirai pas.

Merci, tu me fais gagner du temps!