mardi 23 juin 2009

Ode à la Mary Sue

Oh, la Mary Sue. Ce fantasme littéraire ultime, la perfection faite personnage. Comment résister à sa facilité ?
Oh oui. Parce que Mary Sue est une fille facile.
Quoi de plus simple que de créer un personnage parfait ? Ne pas donner de défauts dérangeants à un personnage de fiction est plus aisé que ne pas lui donner de qualités. On le fait d'une beauté décadente, avec une particularité visible -oreilles de chat, yeux violets, dents de vampires, etc. -qui n'entache en rien sa magnificence. Le caractère se résume à un amas de qualités, parfois rehaussé de défauts qui n'en sont pas vraiment. Tous ces traits lui permettront de vivre des amitiés déchirantes, des amours interdites et de s'attirer la sympathie de tous les personnages. Le passé ? Terrible, toujours. L'enfant est orphelin/élevé par des méchants ou des animaux/avec des parents tués devant ses yeux ou de sa propre main/a été abusé/autres trucs horribles. C'est la vie, quoi ! Et il va sans dire qu'il lui arrive ensuite une myriade d'aventures rocambolesques dont il sortira sans traces, ou presque. Sur Mary Sue, les cicatrices sont belles et mettent en valeur son physique sans défauts. Et que dire de ses pouvoirs ! Elle est merveilleusement intelligente, forte, a des capacités hors du commun, rapide... la nature a bien fait les choses, avec elle. Même la mort, qu'elle aura violente, ne saurait l'atteindre : elle ressucite, dans certains cas !

Ah, vraiment, Mary Sue est géniale.
Notez ici que le féminin est employé de façon générale, vu que le pendant masculin de Mary Sue existe. C'est tout simplement plus joli.

En tant qu'écrivaine de fanfictions diverses, que lectrice et que rôliste accomplie, la Mary Sue, je la côtoie. Elle truffe les écrits et les jeux de rôle, elle se manifeste partout, la salope. Une vraie peste.
Surtout quand on se rend compte de sa présence.

Ma plus évidente ?

Eragon.

Cher Eragon.

! Attention, la suite de ce message contient des informations sur la série, alors imprudents lecteurs qui ne désirent pas connaître la suite de l'histoire sans avoir lu les livres, sortez !

Un apparent fils de fermier qui n'a pas connu ses parents car il les pensait mort qui se retrouve Dragonnier du jour au lendemain, c'est déjà du joli. Surtout que, finalement, ses parents se révélaient être son maître décédé qui ne le lui avait pas dit, Brom, ainsi que la femme -Selena- d'un des méchants morts de l'histoire -Morzan, mais au fond elle est devenue gentille, et Eragon croyait que le méchant était son père, donc que Murtagh était son frère, mais il n'est que son demi-frère, parce qu'ils partagent la même mère et que Brom n'est que le presque frère de Morzan. Et que Selena l'avait donné à son oncle Garrow pour qu'il grandisse loin de son père.
Waow.
Quant au reste... ha ha. Des formations chez les elfes, dont une qui lui fit brûler l'arbre sacré sans représailles sévères. Il a eu une épée de Dragonnier alors qu'il n'était pas supposé en avoir une -et une qui crache le feu, nondidjù ! Il est devenu un hybride entre un humain et un elfe et a donc une force et une rapidité plus que grande. Toutes ses cicatrices et séquelles graves de combats ont disparues, évidemment, et ne le gênent plus lors de ses combats. Eragon possède aussi le seul dragon femelle de sa terre, s'entend avec pas mal tout le monde qui le veut bien, a de grands pouvoirs magiques, un béguin pour la jolie fille de l'histoire, l'amitié de plein de gens importants... et que dire de sa famille ! Roran Puissant Marteau, ou l'homme capable de se battre à mains nues, alors qu'il a le dos en marmelade, avec un Urgal.

Christopher Paolini, tu as encore bien des choses à apprendre, mon chou.
Faire tant de marysueisme dans un seul personnage, c'est terrible. Impardonnable. D'accord, je t'accorde le fait que ce soit ta première série, mais tout de même... reprends-toi. J'aime bien ta série, mais le côté parfait d'Eragon me donne la nausée.
Mal. Au. Coeur.
À mon pauvre petit coeur de lectrice.

Allez, vas, pauvre âme corrompue par la facilité.
Ce sera trois Je vous salue Marie et quatre Padre Nostre, en latin évidemment.
Pas croyant ? Moi non plus, mais ça défoule.



numb encore - linkin park ft. jay z

4 commentaires:

Croquette a dit…

J'ai à peine effleuré l'univers d'Eragon mais le peu que j'en ai vu a suffi à me convaincre.

Je parle donc peut-être sans savoir, mais je crouâs ne pas me tromper en disant que tous les lecteurs sérieux s'accorderont sur le fait que c'est de la marde.

Seuls les Chevaliers d'Émeraude réussissent à déclasser sa médiocrité.

Fille Imparfaite a dit…

Les Chevaliers d'Émeraude, c'ets épique, mon chou. É-pi-que.

Croquette a dit…

Mmmm. J'adore quand tu m'appelles mon chou.

Viv a dit…

Retrouver des Mary Sue dans les fanfictions (genre Harry Potter), on peut se dire que ça passe, à la limite, parce que créées par des fans, des écrivains en devenir. Mais quand tu en retrouves dans des livres, écrits par des auteurs qui ont supposément de l'expérience, c'est un peu plus frustrant. Harry Potter est un peu Mary Sue sur les bords aussi (ou Gary Stu), même si j'adore la série.