samedi 11 avril 2009

Le village natal

Quand on vit toujours à la même place, on en vient à oublier d'où on vient.
En fait, surtout les défauts de l'endroit.

Ce soir, je suis sortie au billard et au bar dansant de mon village avec Chevreuil, Mouton Bleu, le Werewolf et deux autres gais lurons.
Verdict ? Je n'ai pas aimé.
Pourtant, c'était une sortie normale, pour nous. Une sortie que l'on fait régulièrement, à Gaspé, aller se défouler sur une table de billard avant de se déchaîner abondamment sur la piste de danse. La piste de danse où nous prenons de la place en osant tout ce qui nous passe par la tête, en dancant plus que dansant. Que ce soit des salsas endiablées, des slows collés-collés ou de la danse en ligne, tout se fait avec nous. Et tout cela pour revenir aux petites heures à notre chambre, fatigués, mais heureux.

Le billard était dépourvu de cette magie habituelle, de ce petit déclic qui me fait tant apprécier mes soirées à L'Ardoise. Peut-être parce que je ne pouvais pas accompagner mon jeu d'une bière, vu que je conduisais ? Je ne crois pas, mais bon. Même mon jeu, habituellement moyen, était plus que nul. Par la suite, nous sommes sortis au bar. Et c'est la partie que j'ai le moins aimée. Oui, j'ai dansé, j'ai rit, j'ai parlé.
Mais.
Il y avait un mais. Le mais trop franc de détester revoir des gens avec qui je joue l'hypocrite. Les finissants de mon année, des gens que je connais depuis trop longtemps qui n'ont à peu près pas de point en commun avec moi. Des gens que je n'apprécie pas et avec qui je joue tout de même la belle, les "Oooooh, salut, ça va ?" pleins de sourires mielleux et de regards fielleux. Ces personnes qui me voient danser avec le Werewolf et qui s'empresseront de dire qu'ils m'ont vu avec mon petit copain/ami avec bénéfices/un gars de qui je semblais proche/un mec. Comme si je ne pouvais pas avoir d'amis de sexe masculin ! J'ai passé ma soirée à danser, mais toujours avec un sentiment qui ne me plaisait pas : celui d'être épiée.

Parce que ces gens, je le sais, n'ont jamais accepté de penser que j'étais quelqu'un d'autre sous la carapace que je m'étais bârtie au secondaire. Ils m'imaginent encore parfaite, point intéressée par les hommes, fraîche, pure, innocente. Ils me voient avec ma nouvelle chevelure courte, mon chandail au décolleté avantageur et mon grand ami au rire franc et ils s'étonnent, sont fascinés, rient même un peu. Comme si je ne comprenais pas.
Ils me frustrent.
C'est aussi voir les filles en talons trop hauts qui te marchent sur les pieds sans s'excuser, les cheveux décolorés à en être blancs sur une peau artificiellement trop bronzée, les chandails qui découvrent trop de peau pour une fille si jeune, le videur qui ne demande pas les cartes de ceux qui entrent, le prix d'entrée trop cher pour rien. Un amalgame de facteurs qui me mettent encore et toujours devant la réalité de mon village natal.
Capitale du commérage et des filles toutes faites sur le même modèle.

Je crois donc que je vais me contenter de sortir à Gaspé, mon village d'adoption.
Pour ma santé mentale, c'est préférable.



swingez votre compagnie - jean-pierre ferland

5 commentaires:

Hispong Elbayne a dit…

Aaaah! Le plaisir des petites villes... *soupir*

Anonyme a dit…

il n'y a pas a s'en faire je te comprend et je me suis toujour dit la capital du comérage c'est toute la gaspésie même gaspé :S
**très énormément gros soupir**
en se disant qu'il y a mieux quelque part et se répondant que oui et c'est ici ouvre les yeux... j'aime encore la gaspésie...
RÔDEUR

arrachecoeur a dit…

Montréal c'est sûrement 3285672968 fois pire.

Montréal c'est la bitch de toutes les villes.

Mais je l'aime quand même, parce que quand on connait une bitch très très bien, on connait tous ses bons côtés.

Croquette a dit…

Tu surestimes largement Gaspé.

Crois-moi.

Fille Imparfaite a dit…

@Hispong : Une vraie joie.

@Rôdeur : La Gaspésie, c'est merveilleux, mais quand il y a une rumeur, c'est généralement connu en trois jours. GROS maximum.

@arrachecoeur : Un point pour toi, pour le truc de la bitch.

@Croquette : Ô, toi, homme qui ne peut pas sortir dans les bars officiellement car point majeur, tu m'en donneras des nouvelles l'année prochaine :P