vendredi 20 mars 2009

L'Élégance du hérisson

Cela faisait longtemps que le titre de cet ouvrage m'avait attiré et quand une amie de Mère Imparfaite se proposa pour me le prêter, je n'ai pu qu'accepter. Une de mes lectures de cette semaine a donc été L'Élégance du hérisson, de Muriel Barbery.

Le récit est cela de deux femmes, liées et pourtant l'ignorant : Mme Michel, la concierge du 7 rue de Grenelle, et Paloma, jeune résidente du lieu. La première est cultivée et se cache pour l'exprimer, la deuxième a déjà une cruelle conscience de l'aboutissement de la vie et désire se suicider. On suit, dans les réflexions éclairées de l'aînée des deux et les mémoires écrits de la deuxième, l'évolution de leurs vies respectives jusqu'à ce que survienne M. Ozu, l'homme qui fait tout éclater dans leurs vies.

Ce livre est un pur ravissement. Un petit bijou dont la complexité des phrases laisse parfois perplexe. Que dire ? Moi-même ai dû le lire avec un dictionnaire à mes côtés, histoire de régler quelques lacunes en matière de vocabulaire. On sent la réflexion dans le propos et si certains passages sont longuets et un peu hors de l'histoire, eux consistant surtout en une analyse intérieure de la part de Mme Michel, les éviter ne change rien au fait que la lecture est délicieuse. Un pur bonbon. On apprécie les personnages, qui semblent raffinés dans leurs côtés bourrus, qui se révèlent complexes dans leur apparente simplicité et qui se font un devoir de ridiculiser la bourgeoisie parisienne. Tout pousse à réfléchir et on plonge dans le roman sans difficulté, la richesse des mots n'empêchant pas de s'en gorger avec délice.
On rit en pensant aux considérations littéraires de Mme Michel lorsqu'elle va souper chez M. Ozu, surtout pour demander quelque chose d'aussi simple que l'emplacement des toilettes. On se fâche en pensant qu'une gamine aussi éclairée que Paloma va se suicider au lieu d'essayer de faire s'allumer d'autres lanternes.
Et on pleure à la fin. Oh, la fin... Je suis une personne très émotive et ce encore plus lorsque j'ai sous les yeux une fin qui me touche. J'ai pleuré, tant pleuré, pour cette fin. Une fin qui n'est pas un happy end, qui fait souffrir et qui crée une vive protestation. Un bel achèvement, qui perce et qui touche, qui soulage également, mais qui reste terrible. Pour un aussi bon livre, c'était la seule fin possible : faire autrement aurait été se soumettre à tout ce à quoi s'oppose cet ouvrage. Le tragique a quelque chose de beau -Nietzsche serait fier de moi, surtout dans l'art. Surtout dans L'Élégance du hérisson. Un livre beau et simple, qui donne envie d'écrire ainsi, pour faire porter un regard.

Je recommande. C'est tout.



be somebody - 3 doors down

2 commentaires:

La bête a dit…

Ah tabarnak! Pas un autre livre à lire!

;)

gingko a dit…

J'ai quasiment le même avis que vous sur ce livre que je viens tout juste de terminer... perplexité, larmes, sourires, belle littérature..

Mais j'ai une réserve sur la fin.. plus le temps passe et plus je la trouve facile et décevante.. dommage..