mercredi 4 mars 2009

Cercle vicieux ? Je dirais plutôt "rageux"

Il y a des gens frustrants.
Et pour une fois, je ne parle pas d'un quelconque homme qui ne sait pas ce qu'il veut.
Non. Je parle d'elle.

Elle ne mérite même pas de surnom, ou alors, celui de Tête-à-Claques. Parce que ma seule envie, en la voyant, est de la frapper. Bien fort. Jusqu'à briser ma raquette de badminton sur son visage de bronzée en canne, jusqu'à détruire son sourire fendant à coup de volants. Tête-à-Claques, donc, est une fille que je connais depuis le secondaire, depuis les temps ancestraux où je jouais au badminton dans l'équipe de ma polyvalente. Je ne me suis jamais fait d'illusions : je me débrouille en ce sport, mais je ne serai jamais championne canadienne.
Tête-à-Claques était une des deux meilleures de ma catégorie, l'autre venant de la polyvalente directement """"rivale"""" de la mienne et était plutôt sympathique. Dans ces temps immémoriaux où je me mesurais à de plus douées demoiselles, je me tenais avec TàC et d'autres filles de Gaspé, lors des tournois. Oui, j'ai déjà entretenu des contacts presqu'amicaux avec des gens de Gaspé avant le cégep, mea culpa. Pourtant, avec ma démission de l'équipe en secondaire 4, tout s'estompa.

Nous sommes maintenant dans le même cours de badminton, en Éducation Physique.
Et ma seule envie est de lui arracher la tête.

Elle a toujours été excellente au badminton, tout comme sa soeur aînée. La différence est que TàC fait plus que le savoir : elle s'en vante. Pas dans ses mots. Juste dans son attitude. Dans sa façon de jouer un peu n'importe comment, parce que même ainsi, elle sait qu'elle va gagner. Dans son petit sourire moqueur quand elle manque un coup et qu'elle en réussit un de maître juste après. Dans sa désinvolture qui jette de l'huile sur le feu de ma frustration.
Je n'avais pas joué contre elle depuis quatre ans et ce n'était pas quelque chose qui me manquait. Loin de là.
À chaque cours, nous avons un petit tournoi amical de double. Et à chaque cours, je me retrouve à jouer contre elle et son partenaire, tout aussi bon et tout aussi énervant. Vingt-et-un points à regarder quelqu'un avec des envies de meurtre et à calculer ses coups avec l'envie qu'elle se blesse le plus gravement possible en manquant son retour de volant, ça peut être long.

Non, elle ne m'intimide pas ; si c'était le cas, je demanderais à ne pas jouer contre elle. Elle ne m'impressionne pas non plus ; les gens qui m'impressionnent, je leur demande des conseils. Elle me frustre, tout simplement.

Un de mes défis, pour mon cours, est dorénavant de gagner au moins une fois le tournoi amical. De gagner au moins une partie contre elle.
Pour vaincre d'anciens démons. Pour montrer que quand on veut, on peut.
Et que je peux canaliser ma rage dans quelque chose qui me réussira, pour une fois.



don't stop me now - queen

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