samedi 28 février 2009

La tristesse au ventre

Mère Imparfaite m'a appris, hier, que le cinéma allait fermer.
Que mon cinéma allait fermer.

J'ai eu envie de me rouler en petite boule, les yeux fixés dans le vide, et de pleurer.
De pleurer pour ce morceau de ma vie qui me quittait, soudainement. Comme j'avais été triste d'arrêter de travailler, en août dernier, de quitter ce petit monde qui m'avait fait grandir. Pourtant, je me disais que cet endroit avait d'autres personnes à aider, d'autres personnes qui se cherchaient à accueillir. Je me suis un peu trouvée, derrière cette caisse enregistreuse à servir avec un beau sourire, et je ne voulais pas être la seule.
Là, tout se termine.
Je me suis couchée en revoyant, derrière mes paupières closes, le chemin que je faisais, le soir, alors qu'il ne restait au cinéma que le projectionniste et moi. Chaque geste, chaque bruit, chaque écorchure, chaque moment.

Faire le tour du cinéma, ouvrir les portes des salles et celles des salles de bain. Les pas qui claquent sur le carrelage, le reflet dans les vitrines où sont exposées les affiches des films à venir. Vérifier que tout est fermé en haut, que le projecteur est arrêté, que le son est coupé. Fermer les caisses, débrancher les lumières des bonbons, fermer celle de la machine à maïs soufflé, vérifier que les comptoirs sont propres. Passer un dernier coup de balai, inscrire l'heure de sortie sur la feuille de temps. Fermer les lumières et, finalement, sortir.
Sortir une dernière fois.



paper wings - rise against

1 commentaire:

Charlotte a dit…

Mon doux.
C'est triste, ça....