jeudi 1 janvier 2009

Chroniques de San Francisco

Pendant mon exil dans la ville de Québec, je n'ai pu m'empêcher de lire un peu, histoire de conserver le peu de santé mentale que je peux m'attribuer. Un livre par semaine minimum, sinon, c'est la panique intérieure. La victime de cette nécessité ? Chroniques de San Francisco, d'Armistead Maupin.

L'histoire ? Ce n'est pas une histoire, mais celle de plusieurs personnages, tous reliés d'une sournoise façon. Plusieurs histoires qui se rejoignent. On suit Mary Ann, cette exilée de Cleveland et nouvelle dans la ville de San Francisco. Mona, rouquine à la vie mouvementée. Michael, homosexuel assumé qui ne sait plus ce qu'il veut. Mme Madrigal, logeuse excentrique qui fait pousser de la marijuana dans son jardin. DeDe, femme bourgeoise qui ne supporte plus que son mari la trompe. Une foule d'autres protagonistes se croisent, s'emmêlent, se troublent. Dans une ville qui regrette les seventies et qui vit sa sexualité à pleine mesure, ce n'est pas l'action qui manque, et encore moins les rencontres troublantes. Cinq autres livres suivent ce premier opus.

Au premier abord, le livre n'était pas attirant. Couverture vieillote, résumé un peu sybillin... vraiment, c'était un étrange cadeau que m'avait fait mon parrain. J'ai pourtant essayé de le lire.
Est-ce que je l'ai lu ? Que dire, je l'ai dévoré.
Le narrateur absent suit plusieurs personnages pendant quelques-unes de leurs aventures, avant de bondir sur un autre sujet, une autre tête. Cela peut parfois troubler, on aimerait en savoir plus, mais on s'y fait rapidement et on n'est que plus heureux de retrouver les aventuriers quelques pages plus loin. De courts titres séparent chaque partie, en un chapitre qui ne dure pas bien longtemps. On aime surtout voir les liens qui se tissent entre des gens qui sont reliés les uns aux autres, mais que personne le sache. On jubile quand Brian couche avec Connie, l'amie de Mary Ann, qui reste dans le même immeuble que Brian. On se demande s'ils connaîtront un jour cette connection.
La façon dont le texte est construit nous révèle quelques détails du physique des protagonistes, sans jamais trop en dire, laissant une bonne place à l'imagination. C'est quelque chose que j'apprécie grandement. Leur caractère apparaît rapidement, au-delà des apparences et des différentes visions données. Le lecture se fait aussi aisément, les paragraphes n'étant pas trop condensés, l'écriture fluide et les dialogues très présents. Une impression de vivre encore plus le même moment que les personnages de papier.
D'ailleurs, les dialogues. Diable. Cela faisait longtemps que je n'avais pas plié les coins inférieurs de page d'un livre pour pouvoir retenir certains dialogues, des moments dont je veux absolument me souvenir. Ils sont savoureux, courts, éclatants. Un certain cynisme passe dans les discussions, un désir de faire rire et de faire prendre conscience. J'ai rit à plusieurs reprises lors de ma lecture, me faisant même le plaisir de relire des passages plus savoureux que d'autres. Juste pour cela, je crois que j'aurais accepté de lire ce livre.

Je compte fermement lire les autres tomes existants, vu le plaisir que j'ai éprouvé à lire celui-là. Et voilà deux petits extraits, histoire de mettre l'eau à la bouche du consommateur.


" Maman doit être plus morte que vivante, lança DeDe.
- Arrête d'essayer de me remonter le moral. "

" Sympa pour elle. Même s'il a bien fallu qu'elle couche avec quelqu'un...
- Dieu de Dieu !
- Oui, celui-là est un candidat comme un autre. "



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