lundi 12 janvier 2009

Boisson en pagaille

Cette soirée-là, nous soupions au steak house de l'hôtel. Je mangeais avec mes deux frères, mes parents étant attablés un peu plus loin avec ma soeur. Histoire de survivre aux blagues de potache de mes cadets, je me suis pris un verre de vin. Un verre, puis deux, puis trois. Juste parce qu'il était bon et que j'aime avoir la tête qui tourne légèrement, une fois de temps en temps.
Je ne voulais pas sortir, cette soirée-là. Je voulais m'installer avec Carrie, de Stephen King, et m'endormir tranquillement. Pourtant, l'intervention du mignon Voisin d'En-Face me donna la force d'aller à la discothèque de l'hôtel. Il était en couple, évidemment, mais sa compagnie restait plaisante, ainsi que celle de ses amis et de sa petite copine.
Une bière plus tard, un peu de danse plus tard, j'étais présentée au Quatuor. Quatre jeunes hommes aux origines étrangères, mais vivant à Montréal, et étudiant dans la même branche que moi. Présentée, puis attablée devant le futur fléau de ma soirée : cinq shooters de rhum & coke et un jeu de cartes. Poker shooter. Je n'aime ni le rhum, ni les boissons gazeuses, et je ne savais pas jouer au poker ; ma seule motivation fût le plaisir d'être entourée de gens sympathiques.

J'ai perdu très rapidement.
J'ai bu très rapidement.

Le reste de ma soirée est flou. Je me rappelle m'être baignée avec Voisin & Voisine d'En-Face, d'avoir rencontré de nouvelles personnes au passage, d'avoir pris des photos. Je me souviens avoir été malade, mais pas d'être rentrée à ma chambre. Je me souviens de m'être trompée dans le prénom du Voisin d'En-Face, et aussi de m'être corrigée chaque fois.
Je me souviens surtout de mon lendemain de veille, roulée en boule frissonnante dans le lit de mes parents, mon ours en peluche contre mon coeur et les larmes coulant sur mes joues. La honte, la peine, les nausées, tout semblait s'emmêler. Je voulais voir Chevreuil, j'avais envie de me terrer au fond du lit et de ne jamais en sortir. Père Parfait essayait de me rassurer, mais je pleurais trop pour entendre quoi que ce soit. Et surtout, surtout, je ne voulais pas entendre le récit de mon retour au bercail, plus entêtée et en boisson que jamais auparavant.

Ce fût ma pire soirée de boisson jamais vécue dans ma courte existence de buveuse.
J'espère que cela ne se reproduira plus jamais.



pour que tu m'aimes encore - céline dion

1 commentaire:

La Brunette a dit…

Alors là, je te comprends parfaitement.
Moi, depuis ma fatidique soirée, j'ai pu jamais bu une seule goute d'alcool. Fi-ni.