vendredi 16 janvier 2009

Antre polaire

Ma chambre me dérange réellement. Celle aux résidences, en fait.
Celle à ma maison est parfaite, belle, tranquille, illuminée, avec la magnifique toile que j'ai achetée en République Dominicaine en point de mire. Je l'adore.
Ici, elle est blanche, petite, avec un plancher en tuiles blanches et froides. Cela ne me dérange pas trop, je ne suis pas claustrophobe. Les armoires sont d'un bleu électrique plutôt horrible, mais j'y survis.
C'est plutôt que j'ai l'impression nette de ne pas habiter dans ma chambre.

J'y ai pourtant tout ce dont j'ai besoin. Vêtements, livres d'école, romans à profusion, crayons, boîte de biscuits quand j'ai la dent sucrée, veste d'hiver, sarrau de Chimie, montagne de Post-Its de différentes couleurs et formes... Mon lit est fait, mes effets personnels sont rangés et mon tableau périodique tient bien sur le mur. Ce sont mes choses qui peuplent cette petite chambre un peu froide de température, mais le tout donne une impression glaciale d'absence. Que je suis présente ou non, tout semble vide.
Est-ce parce ce que je ne supporte pas le désordre et que tout est ordonné ? Le désordre donne la vie ? Pourtant, non : les cellules sont naturellement ordonnées, il est donc normal que je fasse de mon environnement un havre de rangement. Sauf pour ce qui est de mes bouquins, qui s'empilent sur mon étagère. Quant à mon lit, bien je n'aime pas dormir dans un lit défait. On est maniaque, ou on ne l'est pas.
Ou est-ce parce qu'au fond, je ne me sens pas chez moi ? J'aime bien Gaspé, mais je refuse d'en faire mon village d'adoption, de qualifier l'endroit de "ville", ou d'être clémente envers elle. Peut-être que cela se reflète dans ma chambre impersonnelle, dans ma capacité à meubler l'espace tout en donnant l'idée qu'au fond, je ne désire qu'en partir.

J'aimerais avec une chambre vivante et chaleureuse comme celle du Blond Décadent. Un peu en désordre, mais de façon correcte. Pleine de choses diverses, de papiers, de posters, de sa bicyclette, de ses sacs de couchage, de ses vêtements éparpillés. Une chambre glaciale en température, mais chaude par sa présence.
Dois-je faire le deuil de ma chambre ?



down on the corner - ccr

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