dimanche 14 décembre 2008

Malaise 101

Ai-je un moment de honte intense, un moment où je me suis sentie très mal à l'aise ? Si oui, je ne crois pas m'en rappeler.
Mais maintenant, je sais que j'ai réussi à mettre quelqu'un mal à l'aise au possible.

Cette nuit, dans un moment de folie, TiCoune et moi avons décidé de partir en voiture. Comme ça, pour le plaisir, fous comme nous sommes. En fait, ici, le mot n'est pas "fous", mais bien "cons". Parce que nous avons décidé de rouler... jusqu'à Gaspé. Oui, ce village que j'avais quitté la journée même, vous ne vous trompez pas ! C'est que je l'aime bien, TiCoune, alors j'ai accepté.
Donc, fenêtres baissées dans la froide nuit gaspésienne, la musique au fond, lui ses cigarettes aux lèvres et moi mes énormes moufles de laine aux mains, nous avons parcouru la route en direction du village de Gaspé {non, Gaspé n'est pas une ville, je reste sur ma position}. Arrivés à destination, nous faisons un bref arrêt au Couche-Tard, histoire de m'acheter un sandwich au poulet, fait avec du pain de blé entier, évidemment. Je reste la même, après tout. Puis, arrêt au McDonald, à savoir l'antre du diable. Monsieur avait faim, Monsieur voulait du McDo, Monsieur m'a traîné dans cette horrible bâtisse à l'odeur répugnante et aux mets peu appétissants. Même, "peu", "aucunement" serait plus juste.
Je me suis vengée en osant manger mon sandwich, au pain brun je rappelle, dans ce que certains osent appeler un restaurant. Malgré ses supplications, ses injures, ses blasphèmes et ses menaces, je n'ai pas lâché le morceau. Lui, que rien ne gêne et qui est plus qu'ouvert, me regardait avec horreur, dégoût, honte. Manger un aliment relativement sain dans le panthéon de la crise cardiaque, mais comment diable mes parents m'avaient-ils élevée ?

J'ai réussi à lui couper l'appétit.



open wounds - skillet