samedi 29 novembre 2008

La serrure de la porte

Taguée par Arrache-coeur et Y s'pogne le beigne j'ai été.

1- Faire un lien vers la personne qui vous a tagué
2- Écrire une courte histoire commençant par la phrase suivante : «Je regardais par le trou de la serrure».
3- Écrire les règles de la dite tag.
4-Choisir les personnes que vous voulez absolument voir taguée.




Je regardais par le trou de la serrure...

... et me demandais pourquoi je ne voyais rien que du noir, dans le trou de cette foutue serrure de merde de cette porte bâtarde de fils de ta m... Mes mains aggrippaient la poignée et la secouaient, avec l'espoir qu'elle s'ouvre. Rien à faire. Un coup d'épaule, mais pas plus de réponse de l'autre côté de la planche de bois dur. Pourtant, il m'avait promis. D'être là, maintenant, ici. Il m'avait bien dit que c'était ici, notre rendez-vous, que sa chambre, c'était celle-là. Je m'assoyais, le dos contre la porte. Mon sourire fondait et mes yeux se noircissaient, comme si toute ma colère essayait de passer dans mon regard. J'entendais Jean Leloup, au travers de la porte.

« C'est pas facile
Quand Isabelle te laisse tomber »


Et vous n'avez pas idée de quand c'est Vincent qui vous laisse tomber. Mes deux mains passaient dans mes cheveux courts, pour les tirer un peu, comme de découragement. C'était régulier, qu'il me posait des lapins, mais cette fois était de trop. Il savait comme c'était important pour moi, cette soirée. Je croisais mes bras et commençais à penser. À voix haute. Pour que s'il était là, il m'entendait bien clairement :

« Je savais, au fond, que t'allais encore choker, Vince. T'es jamais là quand c'est l'temps. Toujours parti, toujours quelque chose d'mieux à faire que d'faire quelque chose avec moi. La dernière fois, c'tait Lisa qui t'avait appelé à la dernière minute, celle d'avant une expé' que t'avais oubliée... là, c'est quoi ? J'veux vraiment savoir c'que t'as contre moi, vieux, pour que tu sois jamais là quand c'est l'temps. T'es vraiment juste un gros c - »

La porte s'ouvrait sans crier gare et je tombais, le dos contre le sol. Mes yeux croisaient ceux d'un grand blond aux cheveux fous et au regard fatigué. Je me relevais pour regarder le gars, qui me dit, d'un ton las et un peu fâché d'être réveillé à une telle heure de la nuit :

« La chambre à Vince, c'est 21, pas 31. »



Je taggue La Brunette.
Juste elle, parce que j'aime ce qu'elle écrit.



save me - alter bridge

3 commentaires:

Hispong Elbayne a dit…

:)
Belle façon d'imbriquer une histoire dans avec la contrainte de l'intro.

Jonathan a dit…

C'est bien! J'aime la fin qui fait un contraste soudain avec ce qui précède.

Bravo!

La Brunette a dit…

Ah, je suis tagguée!
Je vais faire ça bientôt :)

Jolie histoire en passant!