dimanche 26 octobre 2008

Bad Alice

Alice entra dans la pièce en étouffant un bâillement, se lançant sur le divan libre. C'est qu'elle devait attendre que les autres viennent lui dire que son tour était arrivé. En attendant, elles la laissaient seule. Elles savaient pourtant qu'elle n'aimait pas être seule. Sinon, elle risquait de s'ennuyer. Et on sait que l'ennui ne mène jamais à quelque chose de bon, surtout dans son cas.

Ses yeux bleus se fermèrent, alors qu'elle laissait son esprit vagabonder seul, sans laisse. Autant en profiter, le temps qu'aucune de ces pimbêches était ici... Sa tête roula doucement sur le dossier, alors que ses doigts jouaient avec l'ourlet de ses longs bas blancs. Le contact la faisait légèrement frissonner. Ses ongles effleuraient sa peau, le mince espace de chair blanche entre la bleu de sa robe et le blanc de ses bas, la bande de peau chaude et claire qui semblait appeler les esprits mal tournés. Son oeil droit se rouvrit, comme pour vérifier qu'elle était bien seule. Personne outre elle. Sa main gauche s'enhardit et glissa tranquillement jusque sous sa jupe, jusqu'à toucher sa culotte. De dentelle blanche. Parce ce que comme sa mère disait, on ne savait pas jamais ce qui pourrait arriver et qu'Alice, bien, elle écoutait les conseils de sa mère. Parfois. L'index passa sous l'élastique entourant sa cuisse, alors que son oeil ouvert se refermait et qu'un sourire de satisfaction montait sur ses lèvres. Pour une fois qu'être seule pouvait servir à quelque chose... Il fallait prendre toutes les opportunités.

La robe remonta un peu plus sur ses cuisses, alors qu'une mèche blonde s'égarait jusqu'à ses lèvres. Un doigt venait de passer la lisière de son sous-vêtement et taquinait son sexe. La chaleur qui s'en échappait était plus que tentante et c'est sans trop résister qu'elle commença à caresser son clitoris en douceur. Elle avait découvert cet endroit, une soirée, la curiosité s'étant emparée d'elle. Elle n'avait jamais su résister à sa curiosité, quand on y pense. Le délicat morceau de tissu avait enfin été écarté et deux doigts s'affairaient maintenant sur son sexe, qui devenait de plus en plus trempé. Ses lèvres se serrèrent quand son majeur entra timidement en elle, comme incertain. Mmm.

Un bourdonnement sourd interrompit son moment. Un chatouillement se fit sentir sur son bras et, en ouvrant ses yeux un peu furieux, elle se retrouva nez-à-nez avec une mouche. En autant qu'une mouche aille un nez. Ses yeux se rétrécirent en minces fentes et elle fit partir l'intruse d'une chiquenaude bien placée. Quelle idée, encore, de la déranger pendant son plaisir, s'outragea-t-elle intérieurement. Vraiment, plus personne n'avait de respect. Elle allait refermer ses yeux quand une odeur fruitée vint à ses narines. Une odeur peut-être de citron, pensa-t-elle.

Prestement, elle rabattit sa robe sur ses cuisses et se redressa dans le fauteuil, à temps pour entendre la porte s'ouvrit à la volée. Jasmine, évidemment. Qui d'autre pouvait tant sentir les fruits d'Orient ?

« Alice, c'est à ton tour ! Belle finit sa scène et après, ce sera à toi avec le Chapelier Toqué. »



everybody wants to be a cat - the aristocats

3 commentaires:

Le Tapageur Silencieux a dit…

Superbe.

Isabelle a dit…

Ouh! J'aime bien! :)

Ze Brunette a dit…

J'adore ton style d'écriture. À la fois mature et précis. Tu as une extraordinaire et étonnante maitrise de la langue française.