mardi 16 septembre 2008

Le dernier jour d'un condamné

Dans le cadre de mon cours d'Écriture & Littérature -le nom pompeux pour "Français", j'avais un livre à lire. Pas un livre bien long, ou bien compliqué. Ce livre ? Le dernier jour d'un condamné, de mon grand ami Victor Hugo.

L'histoire est présentée sous forme de journal. Celui d'un condamné à mort qui voit passer les jours le séparant de son exécution et qui exprime toutes ses pensées, toutes ses émotions du bout de sa plume. Ses cauchemars, ses morbides constatations, ses revendications passent sous notre oeil jusqu'au moment où le récit s'achève brutalement. Aussi brutalement que la vie de cet homme inconnu.

Ma seule précédente histoire avec Hugo a été mon essai de lectures des Misérables. Non, je n'ai pas terminé ce livre encore -je n'ai eu ni le temps, ni l'envie. Quelque chose me rebutait dans cet écrit, pourtant bien. Cela arrive à tout le monde. Entamer ce livre imposé a donc été la tête baissée, en espérant que ce serait moins récalcitrant.

Surprise ! La lecture s'est faite instantanément. Les lignes s'enchaînaient sous mes yeux, avec une facilité déconcertante. Si je semblais me perdre dans un passage, je ne me gênais pas pour relire les deux précédents chapitres, autant pour me retrouver que pour le plaisir de relire. Les chapitres étant assez court, il est facile de faire des divisions entre les pensées du personnage principal et sur ce qui se passe. C'est aussi plus simple de suivre le fil de l'histoire -même si elle est assez courte et peu compliquée à comprendre. Le langage est aussi délicieux. Peut-être est-ce mon habitude de savourer Michel Folco qui me poursuit, mais personnellement, le vieux français est toujours un délice visuel. Tout est annoté, ce qui permet d'étendre sa culture et de glisser un de ces archaïsmes dans son discours actuel, ainsi que de voir que le prisonnier... était diablement cultivé. Il a du vocabulaire, mes amis, c'est incroyable ! Si j'avais été bourrelle, je crois que je l'aurais laissé vivre juste pour les lignes écrites. Même Victor Hugo n'écrit pas aussi bien -hin hin.

Une autre chose que j'ai bien aimé : le mystère. On ne sait pas qui est le condamné, ni quel est son crime. Les informations se reliant à lui sont anonymes et pourraient convenir à plusieurs personnes. C'est le but recherché par Hugo, je ne l'ignore point, mais quand on le constate, on apprécie. Si je n'ai pas réussi à m'identifier au condamné lui-même, j'ai tout de même pu réfléchir aux conditions de ces hommes. À imaginer, à voir, à me dire "Cela devait être horrible". Pourtant, je dois avouer une faiblessse dans mes lectures : je n'aime pas prendre conscience. Je n'aime pas écrire pour faire prendre conscience, même si je le fais régulièrement. Je n'aime pas lire pour me faire me questionner, même si je le fais souvent. Je diagnostique un peu de masochisme dans cette manoeuvre. Enfin.

Quoi qu'il en soit, j'ai bien aimé. Et je recommande ce livre.



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