mercredi 23 juillet 2008

Public VS privé ?

Il y a de cela peu de temps, j'ai eu une discussion avec Smarties. Il a fait son secondaire en école privée, sauf son secondaire 3. Monsieur se rappelle avec horreur de sa seule année à ma charmante polyvalente, décrivant l'endroit comme une jungle.

Je souligne que Smarties a tout de même coulé ses Maths 436, école privée ou pas.

J'ai personnellement fait la quasi totalité de ma scolarité à l'école publique, seules ma maternelle et ma première année du primaire ayant été effectuées en école privée. Oui oui, avec uniforme et tout. Quand je suis arrivée à l'école publique, ma plus grosse crainte était de ne pas savoir quoi mettre le matin.

Revenons à Smart'. Il soutient que selon lui, l'école privée est bien mieux que la publique. Dsicipline, encadrement, rétrogradation des rebelles, tout cela est apparemment la clé de la réussite et pour lui LA chose qui lui a permis de réussir. La meilleure chose qui lui est arrivée de sa vie. Il vivait à environ six heures de chez lui, ne voyait sa famille que pour les vacances et a toujours affirmé préférer cela.

Pourquoi est-ce que de mon côté, je ne vois pas ça du tout de la même manière ?

L'école privée, c'est bien. Le peu que j'ai connu, j'ai aimé. En école privée, tu vois seulement des gens de ton "calibre". Des jeunes doués et intéressés, plus disciplinés que la moyenne et capable, déjà gosses, d'un peu de jugement. Un peu, j'ai dit, un peu. Les groupes étant souvent plus petits, ou à tout le moins plus calmes, il est plus facile pour l'enseignant de dispenser un enseignement personnalisé, plus appliqué, de consacrer plus de temps aux élèves. C'est un climat strict qui ne laisse pas passer les trop grosses entraves, mais qui en même temps nous montre qu'on ne peut pas tout faire et qu'il y a des règles à respecter. Une certaine liberté, quand même, en nous offrant des activités enrichissantes et diversifiées, adaptées à des enfnats curieux et avides de toujours en faire plus. Ça, c'est au primaire : imaginez au secondaire, l'âge de toutes les émotions !

L'école publique, par contre, forme le caractère. C'est la jungle, oui. C'est l'indiscipline, oui. C'est aussi l'apprentissage de la vie, apprendre à côtoyer des gens de tout acabit. En école privée, ce sont souvent des jeunes triés sur le volet, de parents ayant assez d'argent pour payer une telle éducation. L'école publique, tu as de tout. Tu as des enfants de gens cultivés, de médecins, d'avocats, mais aussi de BS, de garagistes, de tenanciers de casse-croûtes, d'emballeurs chez IGA. De voleurs, de revendeurs de drogue, de violeurs, de parents monoparentaux. Tu as des jeunes suicidaires, surexcités, trop sages, bons à l'école, mauvais à mourir, explosifs, placides. Ce que tu vois, c'est un échantillon de tout ce que tu pourrais rencontrer dans la vie. Tu apprends à te familiariser avec toute cette foule, avec toute cette diversité. Oh, ce n'est pas facile, et on en voit des vertes et des pas mûres. Je serais la première à mentir, si je disais que mon parcours au primaire et au secondaire a été de tout repos. Disons simplement que j'étais apparemment trop douée à l'école pour la """norme""". Peu importe : je me suis battue et je n'ai jamais renié mes forces.
Dans cet étalage de créatures diverses, il y a toujours de belles rencontres. Il y en a toujours qui sont loin de ce que l'on pensait. Le rebelle au coeur tendre, la bonne à l'école et paresseuse, la timide un peu fêtarde. Tu apprends à voir plus loin que les apparences, les ouïe-dires et les préjugés. Même les enseignants apprennent à voir plus loin que ce qu'ils voient. On se fait juger partout et par tous. Tu apprends à tolérer les différences. Non, pas à les tolérer : à les accepter. Personne n'est parfait et c'est là que cette phrase prend son plein sens : on côtoie l'imperfection et on voit que c'est normal. Je trouve que c'est une belle leçon de vie.
Parfois, c'est dur. Il y en a toujours qui se montrent éternellement sous leur mauvais jour. Il y a des coups plus difficiles à encaisser. Il y a l'impression de ne pas être assez important. Il y a le dérangement. Il y a l'indifférence de certains. Tu n'es pas toujours encadré comme tu le voulais, il y en a des plus morons que d'autres, y'a des enseignants que tu rayerais volontiers de la carte, t'as l'impression qu'il n'y a jamais rien de fait et, comble de tout, la nourriture de la cafétéria n'est que moyennement mangeable. Une chance sur dix de s'empoisonner, ai-je toujours dit. Je continue de soutenir cette position ! Pourtant, il y a les fous rires, la complicité, les grands moments. Une seule chose est assurée : tu ne t'ennuies pas.

Je préfère donc qu'on ne juge pas les enfants qui sortent des écoles publiques comme des demeurés sans éducation, tout comme je ne veux pas que l'on prenne les ressortissants d'écoles publiques pour des snobs élitistes.
Il y a assez de discrimination comme ça dans le monde.



tush - zz top

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