jeudi 17 juillet 2008

D'you speak french ?

Une petite tranche de vie, pour commencer.

En janvier 2008, je suis allée à Encounters Canada, à Ottawa, dans la semaine Médecine et Santé. But de cette semaine ? Voir un peu mieux le monde médical, peut-être la future branche dans laquelle je vais évoluer, et fraterniser avec de charmants Canadiens. Nous étions 97 participants. Sur les 97, nous étions environ 15 francophones, pour la plupart bilingues, doués en anglais, ou à tout le moins capable de tenir une conversation plus ou moins sensée avec un anglophone.
Et pas un anglophone capable de le faire.

Notre pays partage deux langues, l'anglais et le français. Pourquoi alors est-ce que seuls les Québécois apprennent systématiquement les deux langues, à l'école, alors que les autres provinces et territoires se contentent gentiment de l'anglais ? Pourquoi est-ce que le français n'est que facultatif, pour eux ? Et pourquoi est-ce que leurs cours de français sont aussi intéressants et utiles que ceux que j'avais en maternelle {j'ai fait ma maternelle en école privée, alors oui, j'avais des cours d'anglais} ? Comme a dit Johnathan, natif de la Saskatchewan, le français ne leur sert strictement à rien, à eux. Personne ne le parle, dans leur coin, alors pourquoi l'apprendre ? Ici, on se fait servir dans les deux langues, en ville, et on passe presque pour un illetré de la pire espèce si on est incapable de parler la langue de Shakespeare. Je comprends leur point de vue, mais... Je trouve cela insultant. Le pire, surtout, est que ces mêmes anglophones ne font aucun effort pour parler en français. Ou ils sont rares. Autant nous, pauvres petits francophones, conversions en anglais, autant eux riaient en s'essayant à des phrases boiteuses. Les quelques-uns qui s'essayaient au français étaient ceux ayant été en immersion française. Un seul avait des cours de français. Et pour ce qui est des conférenciers et de nos moniteurs... Une conférence, juste en anglais, avec des termes drhousienomédicaux en anglais... Des moniteurs supposés nous motiver et qui ne sont même pas capables de se faire comprendre, ou de nous comprendre... non.

Après une semaine intensive, j'étais capable de jouer à Taboo en anglais, d'écouter des conférences médicales en anglais et de parler à des anglophones à des heures incrongrues sans broncher et en me faisant parfaitement comprendre en anglais.
Michael, lui, a appris à dire "Joyeux Anniversaire" en français.

Non.
Non.
Et non.

J'espère qu'il y a des canadiens-anglais qui font des efforts, à quelque part, pour apprendre notre langue. Non pas juste par soucis d'galité, mais par respect. Parce que c'est quelque chose qui va dans les deux sens.



vicarious - tool

3 commentaires:

Isabelle a dit…

Je comprends ta frustration!

Si ça peut te rassurer, au Nouveau-Brunswick, il y a beaucoup de gens qui sont bilingues. Les jeunes adultes ont appris le français à l'école et pour la plupart, ils se débrouillent étonnamment bien! En plus d'avoir un charmant accent qui ferait craquer n'importe quel francophone! ;)

arrachecoeur a dit…

J'ai plusieurs amis anglais et on a un système de communications assez répandus par ici. Je leur parle en français et ils me répondent en anglais. Tout le monde se comprend et tout le monde est content!

Fille Imparfaite a dit…

@isabelle : J'ai connu quelques gens des N-B qui étaient bilingues. Quatre sur une dizaine, plus précisément. Leur accent est à mourir de rire xD

@arrachecoeur : Tout dépend. Un gars que j'ai connu essayait d'apprendre le français. Alors, je lui parlais en anglais et il me répondait en français. Comment se compliquer la vie 101. Mais c'est sûr que ton système est plus pratique. Et en plus, on peut apprendre plein d'expressions anglaises plutôt amusantes ;)