dimanche 22 juin 2008

Le Parfum

Je suis une grande lectrice, c'est un fait. Un de mes livres fétiches est Le Parfum, de Patrick Süskind.
Le Parfum raconte l'histoire de Jean-Baptiste Grenouille, qui vit dans la France de 1700. Enfant destiné à la mort, c'est son odorat surdéveloppé et même surnaturel qui lui sauve la vie. Il dérange et personne ne veut de lui, il est rejeté de tous, sans pourtant qu'il cherche le contraire. Il passe de ville en ville, toujours pour apprendre comment conserver les odeurs et pour pouvoir, un jour, réussir à composer l'odeur ultime.
De ce livre poignant, dont je préfère ne pas révéler l'intrigue et la fin, a été tiré un film.

Que j'ai vu, évidemment, il ne faut pas chercher plus loin.

Visionné en langue originale, non pas par choix, je dois avouer qu'il était excellent. Pour une adaptation cinématographique d'un roman, un classique de la littérature qui plus est, c'est vraiment pas mal. Ce n'est pas un film riche en dialogues, par contre, il ne faut pas s'attendre à des discours philosophiques sur la morale. C'est entièrement basé sur les images et les expressions des personnages, sur ce qui se passe. Les images présentées sont terriblement fortes et évocatrices - comment ne pas comprendre les pleurs de l'enfant, devant tant d'horreur dans la ville où il est né ? Comment ne pas comprendre sa détresse avec la jeune fille aux mirabelles ? Quand on dit qu'une image vaut mille mots, c'est ici que cela prend tout son sens. Oui, il est dur de reproduire les descriptions de Süskind, mais c'est un très bon essai. Un narrateur est même présent, au début et à la fin, pour aider le pauvre spectateur à se retrouver - utile, même moi je dois l'avouer.
Le jeu des acteurs. Dustin Hoffman est incroyable, dans le rôle du parfumier/mentor. Crédible, indéniablement. Alan Rickman est terrible et on comprend parfaitement pourquoi il a le rôle du terrible maître des Potions, dans les Harry Potter : un tel sang-froid quand il prononce ses menaces. Enfin, quand il les marmonne - il aurait pu faire un effort pour parler correctement. Mais la palme va à Ben Whishaw. Il a réussi à donner ce côté animal, sauvage et un peu candide au personnage de Grenouille, si merveilleusement étrange et décalé. Il ne parle que peu, suivant le rôle, mais tout passe dans ses actions et ses expressions. Oui, j'adopte.

Quelques bémols ? Outre les marmonnements de Rickman ? Les différences avec le livre, évidemment - mais mettre un tel livre en film était déjà un dur mandat. Le fait que si on n'a pas lu le livre avant, on risque de se retrouver sacrément perdu. L'idée que le film soit, à la base, en anglais et que les personnages soient Français. Mais ce sont des choses mineures, je dois dire.

Cela n'empêche pas la scène de l'exécution d'être bien refaite, tout comme le moment avec la jeune fille aux mirabelles est magnifiquement touchant. On reste fasciné et même un peu pantois de la première, on comprend presque le jeune homme dans la deuxième. Oui, les images parlent réellement et on sent presque les odeurs que lui sent, nous sommes presque à la place de Grenouille. Tout est soigné et bien refait, même si on hurle de rire devant certaines répliques - accompagnées d'images à se tordre, évidemment. Un film dramatique, mais terrible. Terriblement bien.

Pour finir ? Lisez le livre et après voyez le film ; ne vous privez pas de ce plaisir.



supernatural superserious - r.e.m.

1 commentaire:

Jacynthe a dit…

Décidement, il faut que je réécoute le film, car il m'avait déplu, alors que j'avais adorée le livre. Vraiment, tu me fais réfléchir espèce de fille imparfaite !
Y a longtemps que j'avais pris plaisir à lire un blog. Je te remercie !